Bursite sous-acromiale : symptômes, causes et traitements
La bursite sous-acromiale est une inflammation de la bourse séreuse de l’épaule.
- Provoquée par un conflit mécanique diminuant l’espace sous-acromial.
- Déclenchée par des mouvements répétitifs du bras ou un impact direct.
- Caractérisée par une douleur nocturne intense et des insomnies fréquentes.
- Confirmée par échographie, l’examen roi pour visualiser l’inflammation.
- Aggravée par un acromion crochu (classification de Bigliani) avec le temps.
Symptômes de la bursite sous-acromiale
- Douleur nocturne intense : insomnie et réveils fréquents, douleur pulsatile qui s’aggrave en position allongée.
- Douleur au lever du bras : gêne aiguë lors du port latéral de l’épaule (abduction), surtout au-delà de 60°.
- Irradiation épaule-coude : la douleur descend le long du bras, parfois jusqu’au coude, sans atteindre la main.
- Sensibilité au toucher : pression douloureuse à la palpation du dessus et du côté externe de l’épaule.
- Raideur et gêne permanente : sensation d’épaule « lourde » ou « coincée », avec difficultés à passer une veste ou attraper un objet en hauteur.
Causes et mécanisme du conflit sous-acromial
Le conflit sous-acromial résulte d’une diminution de l’espace sous-acromial, ce qui provoque un frottement anormal des tendons contre l’arche osseuse formée par l’acromion et le ligament acromio-coracoïdien. Ce frottement déclenche une inflammation de la bourse séreuse, appelée bursite.
Deux grandes causes sont identifiées : les conflits mécaniques et les pathologies inflammatoires. Les mouvements répétitifs du bras (lancer, travail au marteau) sont fréquemment en cause. Une blessure directe comme une chute ou un impact peut aussi être à l’origine du problème.
Avec le temps, l’acromion peut évoluer vers une forme « crochue » (classification de Bigliani), ce qui réduit davantage l’espace et aggrave le frottement douloureux. L’effort en abduction (bras levé sur le côté) est un déclencheur typique du conflit.
Diagnostic et examens de la bursite sous-acromiale
Pour confirmer une bursite sous-acromiale, le médecin s’appuie sur un examen clinique précis et des examens d’imagerie complémentaires. L’objectif est d’évaluer l’inflammation de la bourse et d’identifier la cause sous-jacente du conflit.
Examen clinique et radiographie
- Palpation et tests de mobilité : le praticien recherche une sensibilité au toucher sur le dessus de l’épaule. Il réalise des manœuvres spécifiques (arc douloureux, test de Neer ou de Hawkins) pour reproduire la douleur lors du lever du bras ou de la rotation.
- Radiographie : visualise calcifications : cet examen ne montre pas la bourse enflammée elle-même. En revanche, il permet de détecter d’éventuelles calcifications des tendons et d’analyser la forme de l’acromion (par exemple, un acromion crochu, selon la classification de Bigliani).
Échographie et autres imageries
- Échographie confirme la bursite : considérée comme l’examen roi pour ce diagnostic, l’échographie visualise directement l’épaississement et l’épanchement liquidien de la bourse sous-acromiale. Elle est rapide, non irradiante et très fiable.
- IRM : évalue tendons et coiffe : en cas de doute sur l’état des tendons de la coiffe des rotateurs (fissure, rupture), l’IRM offre une vue détaillée des parties molles. Elle aide à décider si une chirurgie est nécessaire.
Traitements médicaux de la bursite sous-acromiale
- Repos et arrêt des gestes sport : stopper toute activité qui provoque la douleur, notamment les mouvements au-dessus de la tête.
- Application de glace sur l’épaule : poser une poche de glace sur le dessus de l’articulation pendant 15 minutes, plusieurs fois par jour, pour réduire l’inflammation.
- Kinésithérapie : recentrage dynamique : des exercices spécifiques de posture et de renforcement des muscles de la coiffe des rotateurs, indiqués en cas de conflit débutant.
- Infiltrations de corticoïdes si besoin : une injection locale de corticoïdes dans la bourse sous-acromiale pour calmer une inflammation persistante, particulièrement utile en phase aiguë.
- Anti-inflammatoires pour soulager : prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens sur une courte durée pour atténuer la douleur lancinante et la sensibilité nocturne.
Chirurgie : acromioplastie et arthroscopie
Lorsque les traitements médicaux n’ont pas suffi à calmer la douleur et à restaurer la fonction de l’épaule, la chirurgie peut être envisagée. L’objectif principal de l’intervention n’est pas de traiter la bursite elle-même, mais bien de corriger la cause sous-jacente du conflit sous-acromial. Les techniques modernes, notamment sous arthroscopie, permettent une approche mini-invasive et une récupération plus rapide.
Indications et objectifs de la chirurgie
La décision de recourir à la chirurgie repose sur des critères précis après un bilan complet. Les deux indications principales sont les suivantes :
- Douleurs persistantes malgré traitements : un traitement médical bien conduit (repos, kinésithérapie, infiltrations) pendant plusieurs mois n’a pas apporté de soulagement durable.
- Tendons rompus ou lésions avancées : présence d’une déchirure significative de la coiffe des rotateurs, qui ne peut cicatriser seule et qui compromet la mécanique de l’épaule.
L’objectif de l’opération est de libérer l’espace sous-acromial pour que les tendons ne frottent plus contre l’arche osseuse (acromion et ligament acromio-coracoïdien). En supprimant ce conflit mécanique, la douleur disparaît et la mobilité de l’épaule peut être retrouvée.
Technique et récupération post-opératoire
L’intervention se déroule sous arthroscopie. Le chirurgien pratique de petites incisions (moins d’un centimètre) pour introduire une caméra et des instruments. Les gestes réalisés incluent : la résection de l’inflammation de la bourse, l’exérèse de la bursite, la ténotomie ou ténodèse du long biceps si celui-ci est pathologique, et surtout l’acromioplastie. Cette dernière consiste à régulariser l’os de l’acromion pour créer un plafond plus plat, supprimant ainsi le frottement.
La récupération post-opératoire est progressive. Le patient porte une écharpe de repos pendant quelques jours. La kinésithérapie débute précocement, d’abord passive (mobilisation douce par le kiné), puis active avec des exercices de recentrage dynamique. La reprise des gestes de la vie quotidienne survient généralement au bout de 4 à 6 semaines, tandis que les activités sportives ou professionnelles sollicitant l’épaule peuvent reprendre après 3 à 6 mois en fonction des tissus réparés.
Qu’est-ce qu’un conflit sous-acromial ?
Le conflit sous-acromial désigne un frottement mécanique anormal entre les tendons de la coiffe des rotateurs et l’arche osseuse située au-dessus d’eux, appelée arche sous-acromiale. Cette arche est formée par l’acromion (extrémité de l’omoplate) et le ligament acromio-coracoïdien.
Ce frottement survient typiquement lors d’un mouvement d’abduction du bras (bras levé sur le côté), ce qui réduit l’espace disponible pour les tendons. La répétition du geste provoque une inflammation, des douleurs et, à terme, une bursite sous-acromiale. L’acromion peut d’ailleurs prendre une forme « crochue » (classification de Bigliani), aggravant le conflit.
