Épicondylite (tennis elbow) : symptômes, causes et traitements

La douleur au coude du tennis est une inflammation des tendons extenseurs.

  • Touche 1 à 3 % des adultes en France.
  • Douleur localisée sur la face externe du coude.
  • S’aggrave en saisissant fermement un objet.
  • Entraîne une perte de force dans la main.
  • Résulte d’une surcharge mécanique des tendons.

Qu’est-ce que l’épicondylite (tennis elbow) ?

  • Inflammation des tendons du coude : elle touche précisément les tendons qui s’insèrent sur l’épicondyle latéral, ce petit relief osseux situé à l’extérieur de l’humérus.
  • Aussi appelée tennis elbow : ce nom courant vient de la fréquence élevée de cette pathologie chez les joueurs de tennis, même si elle concerne bien d’autres activités.
  • Touche 1 à 3 % des adultes : en France, entre 1 et 3 % de la population adulte souffre de cette tendinite, ce qui en fait un trouble musculo-squelettique (TMS) très courant.
  • Douleur à la face externe : la gêne se concentre sur le bord externe du coude et peut irradier le long de l’avant-bras, jusqu’au poignet.
  • TMS fréquent du membre supérieur : l’épicondylite arrive en tête des pathologies du coude liées à des gestes répétitifs, notamment dans les métiers manuels et le sport.

Cette inflammation résulte d’une surcharge mécanique des tendons extenseurs du poignet et des doigts. Lorsqu’ils sont sollicités trop souvent ou avec une intensité excessive, des micro-lésions apparaissent et déclenchent une réaction inflammatoire locale. Contrairement à une idée reçue, il ne s’agit pas d’une simple tendinite aiguë, mais d’une dégénérescence tendineuse progressive qui nécessite une prise en charge adaptée pour éviter qu’elle ne devienne chronique.

Quels sont les symptômes du tennis elbow ?

Douleur et gêne fonctionnelle

Le symptôme le plus caractéristique du tennis elbow est une douleur localisée sur la face externe du coude, précisément au niveau de l’épicondyle latéral. Cette douleur n’est pas constante : elle apparaît ou s’intensifie lors de gestes spécifiques. Elle peut être ressentie comme une sensation de brûlure ou de tiraillement, et irradie parfois le long de l’avant-bras jusqu’au poignet.

  • Douleur face externe du coude : déclenchée par la pression directe sur l’os.
  • Irradiation possible avant-bras/poignet : la gêne peut s’étendre sur toute la face externe du membre.
  • Douleur aggravée en saisissant fermement : serrer une poignée de porte ou soulever une tasse devient difficile.

La gêne fonctionnelle se manifeste dans les gestes du quotidien. Tordre un torchon, tourner une clé ou même secouer la main pour la détendre peut réveiller la douleur. Au repos, la douleur est souvent absente, ce qui pousse parfois les patients à ignorer le problème.

Faiblesse et perte de force

Au-delà de la douleur, le tennis elbow entraîne une perte de force dans la main et le poignet. Cette faiblesse est particulièrement sensible lors de la préhension : attraper un objet ou le maintenir fermement devient un véritable défi. La force de serrage diminue, ce qui rend l’exécution de tâches professionnelles ou domestiques complexe.

Sans prise en charge rapide, cette faiblesse peut persister. Elle contraint souvent à un arrêt de travail de 4 à 11 semaines pour permettre aux tendons de se reposer et de cicatriser correctement. Si la douleur et la perte de force vous empêchent d’effectuer des gestes simples, il est essentiel de consulter un médecin pour éviter que la tendinite ne devienne chronique.

Comment traiter l’épicondylite ?

La prise en charge du tennis elbow débute presque toujours par un traitement conservateur, c’est-à-dire non chirurgical. L’objectif est de soulager la douleur, de réduire l’inflammation et de permettre aux tendons de cicatriser. Dans la majorité des cas, les symptômes s’améliorent avec ces seules mesures.

  • Repos des tendons – Un arrêt des gestes douloureux est indispensable pour plusieurs semaines. Pour les professionnels, un arrêt de travail de 4 à 11 semaines est souvent nécessaire pour éviter d’aggraver la lésion.
  • Médicaments antalgiques et anti-inflammatoires – Prescrits par un médecin, ils aident à contrôler la douleur et l’inflammation locale. Leur utilisation se fait sur une courte durée pour éviter les effets secondaires.
  • Kinésithérapie – Elle inclut des étirements progressifs de l’avant-bras, des exercices de renforcement excentrique du poignet et des techniques de massage transverse profond. Un spécialiste adapte les séances à votre état.
  • Ondes de choc – Cette technique de physiothérapie est proposée pour les cas rebelles. Elle stimule la cicatrisation tendineuse en envoyant des impulsions acoustiques sur la zone douloureuse.
  • Infiltrations de corticoïdes – Envisagées en seconde intention, notamment en cas de douleur aiguë invalidante. Une injection locale de corticoïdes peut calmer rapidement la douleur, mais ses effets bénéfiques sont souvent temporaires.

Quelles sont les causes et facteurs de risque ?

La cause principale est la surutilisation du bras et du poignet, avec des mouvements répétés de flexion et d’extension. Les gestes saccadés ou les rotations forcées sollicitent excessivement les tendons fixés sur l’épicondyle latéral.

Les activités sportives comme le tennis, le golf, mais aussi des métiers manuels en sont des déclencheurs fréquents. Artisans, ouvriers sur chaîne de montage ou secrétaires passant beaucoup de temps à taper sont particulièrement exposés. Le jardinage ou le bricolage intensif peuvent également provoquer une tendinite du coude.

Comment prévenir le tennis elbow ?

  • S’échauffer avant toute activité physique : des rotations du poignet et des étirements légers de l’avant-bras préparent les tendons et réduisent les micro-lésions.
  • S’hydrater suffisamment pendant l’effort : une bonne hydratation maintient l’élasticité des tendons et limite les frottements anormaux.
  • Utiliser des équipements adaptés au sport : une raquette au cordage trop tendu ou un manche d’outil trop fin augmentent la pression sur l’épicondyle. Privilégiez des poignées antidérapantes et d’un diamètre confortable.
  • Privilégier une gestuelle fluide et régulière : une accélération soudaine du poignet ou un geste saccadé multiplie le stress sur les tendons extenseurs.
  • Éviter les mouvements saccadés du poignet : les torsions brutales et les extensions violentes répétées sont les principaux déclencheurs de la tendinite. Entraînez-vous à verrouiller votre poignet dans les sports de raquette.

Comment diagnostiquer l’épicondylite ?

Le diagnostic du tennis elbow repose d’abord sur un examen physique minutieux. Le médecin évalue la douleur à la palpation de la face externe du coude et teste la résistance lors de l’extension du poignet. Il recherche également une faiblesse de la prise en main et vérifie l’absence de rougeur ou de gonflement pour écarter une infection.

Si le diagnostic reste incertain, des examens d’imagerie médicale peuvent être prescrits. Une radiographie permet d’exclure d’autres problèmes articulaires ou osseux, comme une arthrose ou une fracture. L’IRM offre une confirmation plus précise en visualisant l’état des tendons et l’étendue de l’inflammation. Ces examens sont rarement nécessaires en première intention.

Exercices de rééducation pour le coude

  • Étirer l’avant-bras : tendez le bras, paume vers le haut, puis tirez doucement les doigts vers l’arrière avec l’autre main.
  • Renforcer les muscles : réalisez des flexions et extensions lentes du poignet avec un élastique ou un poids très léger.
  • Serrer une balle souple : répétez le mouvement régulièrement pour améliorer la prise en main sans douleur.
  • Durée d’étirement conseillée : maintenez chaque étirement entre 15 et 30 secondes, sans à-coup.
  • Supervision par un professionnel : un kinésithérapeute ou un médecin du sport peut adapter les exercices à votre état et éviter les mauvais gestes.