Gonarthrose stade 5 : définition, symptômes et traitements possibles
Le stade 5 est un concept non standard pour une arthrose terminale.
- Désigne une usure où le cartilage a totalement disparu.
- Correspond à un contact os contre os dans l’articulation.
- Non reconnu par la classification officielle de Kellgren et Lawrence.
- Utilisé pour décrire une destruction articulaire avancée.
- Souvent visible sur radiographie avec un interligne totalement effacé.
Qu’est-ce que la gonarthrose stade 5 ?
Définition de la gonarthrose stade 5
La gonarthrose stade 5 désigne un niveau d’usure du cartilage du genou qui dépasse la classification médicale standard. Le terme médical gonarthrose signifie arthrose du genou, le type d’arthrose le plus fréquent. Dans les classifications habituelles, on distingue 4 stades (de 0 à 4). Le stade 5 est donc un concept non standard, utilisé par certains praticiens pour décrire une situation où le cartilage a totalement disparu. l’articulation est alors en contact os contre os, ce qui correspond à une arthrose dite terminale.
Cette usure complète n’est pas reconnue officiellement par l’échelle de Kellgren et Lawrence, qui s’arrête au stade 4. Pourtant, certains patients reçoivent ce diagnostic, souvent après une radiographie montrant un interligne articulaire totalement effacé. Le stade 5 est alors synonyme de destruction articulaire avancée, où le cartilage ne joue plus aucun rôle d’amortisseur.
Classification radiographique de Kellgren et Lawrence
Pour comprendre ce qu’implique un stade 5, il faut d’abord connaître l’échelle de référence : la classification de Kellgren et Lawrence. Elle repose sur une radiographie du genou en charge (debout) et évalue la gravité de l’arthrose en 5 stades (de 0 à 4). Le tableau ci-dessous résume les signes radiographiques pour chaque stade :
| Stade | Signes radiographiques | État articulaire |
|---|---|---|
| 0 | Aucun signe | Genou sain |
| 1 | Très léger pincement | Cartilage intact |
| 2 | Pincement net, petits ostéophytes | Cartilage partiellement abîmé |
| 3 | Pincement modéré, ostéophytes, sclérose | Cartilage très détruit |
| 4 | Interligne effacé, contact os contre os | Cartilage disparu |
Le stade 4 est le plus avancé dans cette classification. Le stade 5 que certains évoquent correspond donc à une situation où l’usure est encore plus marquée qu’au stade 4, avec souvent des déformations importantes et une raideur très prononcée. Les 10% d’hommes et 13% de femmes de plus de 60 ans souffrant d’arthrose du genou peuvent, après plusieurs années d’évolution, atteindre ce stade terminal. Il est essentiel de noter qu’aucun traitement médical ne guérit l’arthrose ; au stade 5, la chirurgie est généralement la seule option envisagée.
Traitement chirurgical de la gonarthrose stade 5
- Prothèse totale du genou : intervention de référence quand le cartilage est totalement détruit et que les 50 000 prothèses posées chaque année en France comprennent une grande majorité de ces PTG. Le chirurgien remplace les surfaces abîmées du fémur, du tibia et de la rotule par des implants métalliques et une pièce en polyéthylène.
- Prothèse unicompartimentale partielle : possible si un seul compartiment du genou est touché (interne, externe ou fémoro-patellaire, qui représente 35% des cas d’arthrose du genou). L’opération conserve les ligaments croisés, ce qui donne une sensation de genou plus naturelle et une récupération plus rapide.
- Ostéotomie tibiale de réaxation : indiquée chez les patients actifs de moins de 50 ans (l’âge typique d’un patient souffrant de gonarthrose) présentant une déformation en varus ou valgus. Le chirurgien coupe et réaligne le tibia pour transférer le poids sur la partie saine du cartilage, ce qui retarde le recours à la prothèse de plusieurs années.
- Arthroscopie avec lavage articulaire : geste mini-invasif qui consiste à rincer l’articulation pour retirer les débris cartilagineux et les corps étrangers. Ce n’est pas un traitement curatif, mais il peut soulager temporairement les poussées inflammatoires qui durent habituellement de 1 à 8 semaines.
Tous ces gestes sont envisagés après l’échec des traitements médicaux bien conduits. L’objectif est de retrouver un périmètre de marche satisfaisant et de stopper la douleur mécanique qui devient invivable, surtout la nuit et au lever. Le choix de la technique dépend de votre âge, du nombre de compartiments arthrosiques et de l’état des ligaments.
Symptômes de la gonarthrose stade 5
Au stade 5, la douleur devient permanente et intense, même au repos ou la nuit. Le genou est souvent gonflé par un épanchement de synovie, et la raideur matinale dure plus de 30 minutes, rendant le démarrage difficile.
Le blocage articulaire provoque une sensation de genou qui « accroche » ou se dérobe, limitant la marche à de très courtes distances. Les poussées inflammatoires, durant de 1 à 8 semaines, entraînent une impotence fonctionnelle sévère sans traitement.
Le grincement (crépitation) est audible lors des mouvements, signe du contact os contre os. Sans prothèse, le périmètre de marche diminue progressivement, et l’appui devient quasi impossible sans canne ou déambulateur.
Traitement médical de la gonarthrose stade 5
Au stade 5, le traitement médical ne peut pas guérir l’arthrose, mais il vise à soulager la douleur et améliorer la mobilité au quotidien. Les antalgiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont prescrits en première intention pour calmer les poussées inflammatoires, qui durent généralement de 1 à 8 semaines. En cas de crise aiguë, une infiltration de corticoïdes directement dans l’articulation peut offrir un soulagement rapide.
La visco-supplémentation par acide hyaluronique est parfois proposée pour lubrifier le genou et réduire les frottements os contre os. Une autre option émergente est le PRP (plasma riche en plaquettes) : on injecte vos propres concentrés plaquettaires pour stimuler une réparation tissulaire. Aucune de ces approches ne stoppe l’évolution, mais elles peuvent repousser le recours à la chirurgie.
Pour compléter ces traitements, la magnétothérapie est appliquée 2 fois 20 minutes par jour pour favoriser la régénération cellulaire. En cas de surpoids, perdre ne serait-ce que quelques kilos réduit la charge : 5 kg de poids supplémentaires entraînent une surcharge de 25 kg sur chaque genou. Ces mesures médicales et hygiéno-diététiques sont essentielles pour préserver la fonction articulaire le plus longtemps possible.
Causes et facteurs de risque de la gonarthrose
- Âge supérieur à 50 ans : Le cartilage s’amincit naturellement avec le temps. L’arthrose du genou devient fréquente dès la cinquantaine et touche 40% des personnes à l’âge de 70 ans. Un tiers des seniors de plus de 65 ans en souffre.
- Surpoids (1 kg = 5 kg sur le genou) : Chaque kilo supplémentaire exerce une pression équivalente à 5 kg sur l’articulation. Ce surcroît de charge accélère l’usure du cartilage et favorise l’évolution vers un stade avancé.
- Antécédent de fracture ou méniscectomie : Un traumatisme ancien (fracture du condyle, entorse du ligament croisé, ablation du ménisque) déséquilibre la mécanique du genou et peut déclencher une gonarthrose précoce, parfois dès 30 ans.
- Sport de haut niveau : Les activités à fort impact (danse, gymnastique, basket-ball) soumettent le genou à des contraintes répétées. Associé à un âge supérieur à 50 ans, ce facteur augmente le risque de dégradation rapide du cartilage.
- Déformations varus/valgus : Un genou en O (varus) ou en X (valgus) répartit mal les charges sur l’interligne articulaire. Cette surcharge localisée fragilise un compartiment du genou et peut mener à une arthrose fémoro-patellaire (qui représente 35% des cas).
Diagnostic de la gonarthrose stade 5
Examens d’imagerie pour confirmer le stade 5
- Radiographie debout face/profil : cliché en charge pour visualiser l’interligne articulaire et les ostéophytes
- Cliché en schuss : vue fémoro-patellaire spécifique pour évaluer le compartiment antérieur du genou
- IRM : analyse détaillée des ménisques, du cartilage résiduel et de l’épanchement synovial
Le diagnostic d’un stade 5 repose d’abord sur une radiographie en charge obligatoire, réalisée debout avec les genoux légèrement fléchis. Cet examen permet de mesurer précisément la perte de cartilage : au stade 5, l’interligne articulaire est presque totalement effacé, avec un contact os contre os visible. L’IRM complète l’analyse en détectant les lésions méniscales et l’état du cartilage restant, informations essentielles pour planifier une éventuelle prothèse du genou (plus de 50 000 posées chaque année en France).
La classification de Kellgren et Lawrence est la référence : elle définit 5 stades (0 à 4) sur la base des signes radiographiques. Le stade 5, bien que non officiel dans cette échelle, correspond en pratique à un stade 4 avancé où la destruction du cartilage atteint son maximum, justifiant une prise en charge chirurgicale rapide chez les patients dont les traitements médicaux ont échoué.
Évaluation clinique et fonctionnelle
Le clinicien évalue d’abord la mobilité articulaire : flexion et extension du genou sont mesurées à l’aide d’un goniomètre, tandis que la stabilité ligamentaire est testée (genou varus/valgus). L’interrogatoire précise la durée des poussées inflammatoires (généralement 1 à 8 semaines), la fréquence des épanchements et le périmètre de marche résiduel. Le questionnaire WOMAC, standardisé, quantifie objectivement la douleur, la raideur et la difficulté fonctionnelle dans les gestes quotidiens (monter des escaliers, se lever d’une chaise, marcher plus de 15 minutes).
Cette double approche imagerie précise et évaluation fonctionnelle permet de confirmer le besoin d’une prothèse totale du genou lorsque la qualité de vie est trop altérée, les antalgiques et les infiltrations n’offrant plus de soulagement suffisant.
Questions fréquentes sur la gonarthrose stade 5
À partir de quand considère-t-on une arthrose comme terminale ?
Une arthrose est considérée comme terminale lorsque le cartilage articulaire est totalement ou presque totalement détruit, laissant l’os frotter directement sur l’os. Cela correspond aux stades 4 et 5 de l’échelle de Kellgren et Lawrence.
Combien de temps faut-il pour qu’une gonarthrose évolue au stade 5 ?
L’évolution vers le stade 5 est très variable et peut prendre de 10 à 30 ans. La vitesse de progression dépend de facteurs comme l’âge, le poids, l’intensité de la sollicitation du genou et la présence de maladies inflammatoires.
Peut-on marcher avec une gonarthrose stade 5 ?
Oui, il est possible de marcher, mais cela devient très douloureux et difficile. Le patient ressent une douleur intense à chaque pas, une raideur sévère et une instabilité articulaire, rendant la marche très limitée et souvent boiteuse.
La gonarthrose stade 5 est-elle réversible ?
Non, la gonarthrose stade 5 est irréversible. La destruction du cartilage est définitive car le cartilage ne se régénère pas naturellement. Seule une intervention chirurgicale comme la pose d’une prothèse totale de genou peut restaurer la fonction et soulager la douleur.
